Déménagement & état des lieux

Tableau paritaire des amortissements : qui paie quoi en cas d'usure ?

Rayures sur le parquet, moquette usée, murs jaunis : ce que vous payez en quittant le logement dépend de l'usure, de l'âge et de la valeur résiduelle.

Publié le · 8 min de lecture· par Rédaction Priority Clean
Couloir vide et clair avec parquet, murs blancs, placard intégré et escalier
📷 rawpixel (creator not credited) · CC0 1.0

Au moment de partir, on remarque soudain ce que personne ne voyait au quotidien : de fines rayures sur le parquet, une moquette usée dans le couloir, une trace claire au mur là où un cadre est resté accroché des années. Faut-il payer ? La réponse passe souvent par le tableau paritaire des amortissements. Il indique combien de temps durent en moyenne sols, peintures et équipements – et donc ce que vaut encore un élément abîmé le jour de l'état des lieux de sortie.

Ce guide explique comment distinguer usure normale et usure excessive, comment se calcule la valeur résiduelle et à quoi faire attention lors de l'état des lieux. Il donne des informations générales et ne remplace pas un conseil juridique : votre bail et le cas concret sont déterminants, et en cas de litige, la commission de conciliation vous aide.

Ce que règle le tableau paritaire des amortissements

Personne n'exige qu'un logement soit comme neuf à la sortie. Selon l'art. 267 CO, le locataire restitue la chose dans l'état qui résulte d'un usage conforme au contrat. Qui habite un logement pendant des années y laisse des traces : c'est normal, et c'est payé par le loyer.

Les choses se compliquent quand un élément est plus abîmé que d'habitude et qu'il faut savoir ce qu'il valait encore. C'est à cela que sert le tableau paritaire des amortissements de la Fédération romande immobilière (FRI) et de l'ASLOCA, reconnu par l'USPI et en vigueur depuis le 1er mars 2007. Il donne la durée de vie moyenne des installations et équipements de qualité courante soumis à une usure normale, afin de répartir les frais de remise en état entre locataires et bailleurs.

1. Distinguer usure normale et usure excessive

Une trace vient-elle de l'usage courant du logement ou va-t-elle au-delà ? La limite n'est pas toujours nette, mais quelques exemples typiques aident :

ÉlémentUsure le plus souvent normaleUsure souvent excessive
ParquetFines rayures, passages ternis, marques de meublesRayures profondes, auréoles d'eau sous les plantes, brûlures
MoquettePassages usés, couleur légèrement passéeGrandes taches, trous de brûlure, griffures ou urine d'animaux
MursPeinture légèrement jaunie, traces claires derrière cadres et meublesSaleté importante, gribouillages, couleurs non convenues
Cuisine et salle de bainsLégères traces d'usage sur les façades et la robinetterieÉmail éclaté, catelles fêlées, brûlures sur le plan de travail

La saleté n'est d'ailleurs pas de l'usure : calcaire dans la salle de bains, graisse dans la hotte ou poussière dans les stores s'enlèvent avant la remise par un nettoyage à fond. Pour les trous dans les murs, voir notre guide sur les trous de cheville et l'état des lieux.

2. Trouver la durée de vie dans le tableau

S'il y a usure excessive, le tableau des amortissements entre en jeu. Procédez ainsi :

  1. Identifier précisément l'élément : pas « le sol », mais parquet, stratifié, moquette ou catelles – revêtements, peintures et appareils ont chacun leur valeur.
  2. Choisir le bon tableau : en Suisse romande, celui de la FRI et de l'ASLOCA ; en Suisse alémanique, en général celui du Mieterverband et du HEV.
  3. Déterminer l'âge : ce qui compte, c'est la date de pose ou de la dernière rénovation de l'élément, pas celle de votre emménagement.
  4. Lire la durée de vie et la comparer à l'âge.

Quelques durées de vie moyennes tirées du tableau romand :

Élément (tableau romand)Durée de vie moyenne
Peinture murale dispersion ou acrylique8 ans
Peinture alkyde ou résine synthétique15 ans
Joints en caoutchouc des fenêtres10 ans
Sangles de volets roulants et de stores8 ans

Le tableau alémanique peut indiquer d'autres valeurs : calculez avec celui qui s'applique à votre logement et, en cas de doute, demandez à la régie.

3. Calculer la valeur résiduelle

En cas d'usure excessive, ce n'est pas le prix du neuf qui compte, mais la valeur résiduelle de l'élément. En simplifiant :

Valeur résiduelle = coût de la remise en état × années restantes ÷ durée de vie

Exemple avec la valeur romande pour la peinture dispersion : si la peinture a six ans à la sortie, il reste deux années sur huit. La valeur résiduelle est donc d'un quart. S'il faut repeindre une pièce à cause d'une usure excessive, il s'agit au maximum de cette part des frais.

Âge de la peinture (durée de vie 8 ans)Valeur résiduelle
2 ans75 %
4 ans50 %
6 ans25 %
8 ans et plus0 %

Un élément qui a atteint sa durée de vie n'a plus, par calcul, de valeur résiduelle. Demandez que toute prétention soit justifiée par écrit, avec l'âge, la durée de vie et le calcul.

4. Exemples : parquet, moquette et peinture

Parquet : les fines rayures et les passages ternis font partie de la vie d'un logement ; les rayures profondes de chaises sans patins ou les auréoles sous les pots de fleurs, non. Souvent, un parquet peut être poncé plutôt que remplacé : c'est alors le coût de ce travail qui compte, pas celui d'un sol neuf.

Moquette : elle s'use plus vite qu'un sol en bois et, après de nombreuses années, son amortissement est souvent presque complet – même avec une tache, il reste alors peu de valeur résiduelle. Beaucoup de taches partent d'ailleurs avec un nettoyage.

Peinture : des murs jaunis et des surfaces plus claires derrière les meubles sont normaux après quelques années. Si vous avez peint des murs en couleur sans accord, la régie demande souvent de rétablir l'état d'origine : clarifiez vos envies de couleur par écrit avant de peindre.

5. Vérifier l'état des lieux de sortie et réagir

Lors de la remise du logement, la régie consigne les défauts dans l'état des lieux de sortie. C'est là que le tableau des amortissements devient concret :

  • Apporter l'état des lieux d'entrée : les dégâts déjà notés à l'entrée ne sont pas de votre fait.
  • Poser des questions : quel élément est concerné, quel âge a-t-il, quelle durée de vie s'applique ?
  • Faire noter votre avis : si vous n'êtes pas d'accord sur un point, faites-le inscrire dans le procès-verbal.
  • Ne pas signer sous pression : ne signez que ce avec quoi vous êtes d'accord.

Votre bail prévoit un forfait, par exemple pour repeindre à la sortie ? Regardez-y de près : selon l'art. 267 CO, est nulle toute convention conclue à l'avance par laquelle le locataire s'engage à verser une indemnité couvrant autre chose que le dommage éventuel. Pour réagir aux défauts notés, lisez notre guide sur l'état des lieux de sortie ; si un montant est retenu, voyez comment récupérer sa garantie de loyer.

Tableau paritaire des amortissements : avant l'état des lieux

Les erreurs les plus fréquentes

  • Accepter chaque rayure comme un dégât : les traces d'usage après des années relèvent de l'usure normale.
  • Payer le prix du neuf : en cas d'usure excessive, c'est la valeur résiduelle qui compte.
  • Confondre nettoyage et usure : calcaire, graisse et poussière sont une affaire de nettoyage, pas d'usure.
  • Signer sous la pression du temps : les objections après coup sont plus difficiles.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le tableau paritaire des amortissements ?

Un tableau de la Fédération romande immobilière et de l'ASLOCA qui indique la durée de vie moyenne des peintures, sols et équipements. Il aide à distinguer usure normale et usure excessive et à calculer la valeur résiduelle à la sortie. En Suisse alémanique, le Mieterverband et le HEV publient un tableau similaire.

Dois-je payer l'usure normale ?

Non. Selon l'art. 267 CO, vous restituez le logement dans l'état qui résulte d'un usage conforme au contrat. Les traces de l'usage courant sont couvertes par le loyer.

Comment calcule-t-on la valeur résiduelle ?

En simplifiant : coût de la remise en état multiplié par les années restantes, divisé par la durée de vie indiquée dans le tableau des amortissements. Une peinture d'une durée de vie de 8 ans qui a 6 ans à la sortie garde une valeur résiduelle de 25 %.

Le tableau est-il contraignant ?

Non : la FRI et l'ASLOCA précisent qu'il est indicatif et ne confère aucun droit. En cas de litige, la commission de conciliation ou le tribunal tranchent au cas par cas ; l'ASLOCA peut vous conseiller.

Récapitulatif : Tableau paritaire des amortissements : qui paie quoi en cas d'usure ?
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Priority Clean
Rédaction Priority CleanNotre équipe de nettoyage basée à Alberswil (LU) partage ici son expérience du nettoyage de fin de bail, du ménage, des bureaux et des vitres en Suisse centrale et du Nord-Ouest.