
Les tableaux sont décrochés, les étagères démontées – et le mur ressemble soudain à une passoire. À quelques jours de la remise des clés, beaucoup de locataires se demandent quoi faire des trous de cheville à l’état des lieux : les reboucher, les laisser, ou faire appel à un peintre ? La réponse dépend de votre bail, du nombre de trous et de la manière dont ils ont été faits.
Cet article répond aux cinq questions que l’on nous pose le plus souvent lors des nettoyages de fin de bail. Il reste général : votre contrat et les instructions de votre régie priment.
1. Les trous de cheville sont-ils de l’usure normale ?
Selon l’article 267 du Code des obligations, le locataire rend l’appartement dans l’état qui résulte d’un usage conforme au contrat. Accrocher des tableaux, un miroir ou une lampe fait partie d’un usage normal d’un logement. L’ASLOCA rappelle que l’usure normale ne peut pas être facturée au locataire.
En pratique, tout est question de mesure :
| Situation | Appréciation fréquente |
|---|---|
| Quelques trous pour tableaux et miroirs | Souvent considérés comme usure normale |
| Trous de fixations de rideaux ou lampes dans les emplacements usuels | Souvent considérés comme usure normale |
| Nombreux trous, grandes chevilles, fixations TV arrachées | Peut être considéré comme un dégât |
| Trous dans les catelles, la cuisine ou les meubles | Souvent considéré comme un dégât |
Cette appréciation varie selon les régies et les situations. En cas de litige, les associations de locataires et les autorités de conciliation sont les bonnes adresses.
2. Faut-il reboucher les trous avant l’état des lieux ?
Il n’existe pas de réponse unique. Certains baux ou règlements demandent expressément de reboucher les trous ; d’autres régies préfèrent que le locataire n’y touche pas, car le peintre refera le mur de toute façon.
La meilleure démarche :
- Relisez votre bail et les conditions générales.
- Téléphonez ou écrivez à la régie avant de reboucher, en demandant ce qui est attendu.
- Notez la réponse (par écrit si possible).
- Si les murs doivent de toute façon être repeints en raison de leur âge, un rebouchage parfait est souvent inutile – mais demandez-le quand même.
3. Comment reboucher correctement un trou de cheville ?
Si la régie vous demande de reboucher, faites-le proprement. Pour un mur en plâtre ou en crépi fin peint en blanc :
- Retirez la cheville en plastique : tournez-la avec une vis à moitié vissée puis tirez à la pince. Si elle résiste, enfoncez-la légèrement sous la surface.
- Dépoussiérez le trou avec un pinceau sec.
- Appliquez un enduit de rebouchage prêt à l’emploi avec une petite spatule, en pressant bien.
- Lissez à ras du mur en tirant la spatule en croix ; enlevez l’excédent autour.
- Laissez sécher selon l’emballage. Si l’enduit s’est affaissé, remettez une fine couche.
- Poncez très légèrement au papier fin, en ne touchant que la zone rebouchée.
- Si demandé, retouchez avec la peinture d’origine, en tamponnant plutôt qu’en passant le rouleau.
Pour les plaques de plâtre, les trous de grosses chevilles métalliques à expansion ou le béton, les enduits et techniques diffèrent : suivez les conseils du magasin de bricolage ou laissez faire un professionnel.
4. Et les catelles, les meubles et les boiseries ?
Les trous dans les catelles de la salle de bains ou de la cuisine, dans les armoires encastrées ou les cadres de porte sont une autre affaire. Ils ne se rebouchent pas de manière invisible, et un mastic mal choisi peut abîmer davantage la surface.
- Ne tentez pas de reboucher les catelles vous-même sans l’accord de la régie.
- Signalez ces trous honnêtement lors de l’état des lieux.
- Si vous aviez eu une autorisation écrite pour percer (par exemple pour une barre de douche), gardez-la avec vos documents.
Pour la suite, notre article sur l’état des lieux de sortie explique comment se déroule le contrôle et quoi faire en cas de désaccord.
5. Dans quel ordre : reboucher, peindre, nettoyer ?
L’ordre des travaux compte énormément, car le ponçage produit une poussière très fine.
- Démonter tous les éléments fixés (étagères, tringles, crochets).
- Reboucher et laisser sécher.
- Poncer et, si demandé, retoucher la peinture.
- Aspirer la poussière de ponçage sur les plinthes, les tablettes et les sols.
- Seulement ensuite, faire le nettoyage final complet.
Si les murs sont jaunis par la fumée, reboucher ne suffira pas : voyez notre article pour nettoyer les murs de la nicotine.
Les erreurs fréquentes
- Reboucher sans demander : vous faites parfois un travail inutile, voire contre-productif.
- Laisser l’enduit dépasser : une bosse se voit plus qu’un trou.
- Peindre avec une teinte « presque identique » : la retouche forme une tache visible.
- Nettoyer avant de poncer : tout est à refaire.
- Arracher les chevilles avec force : le trou s’agrandit et le crépi éclate.
Questions fréquentes
Faut-il reboucher les trous dans les murs avant l’état des lieux ?
Cela dépend du bail et de la régie. Certaines demandent de reboucher, d’autres préfèrent que les trous restent tels quels. Demandez-le avant de faire les travaux et gardez la réponse par écrit.
Les trous de cheville sont-ils facturés au locataire ?
Un nombre raisonnable de trous pour un usage normal est souvent considéré comme usure normale et ne peut pas être facturé. De nombreux trous ou des dégâts importants peuvent en revanche l’être. En cas de doute, l’ASLOCA vous renseigne.
Avec quoi reboucher un trou de cheville ?
Avec un enduit de rebouchage adapté au support, appliqué à la spatule, lissé, séché puis poncé légèrement. Évitez les astuces comme le dentifrice, qui se voient et se fissurent.
Peut-on reboucher des trous dans les catelles ?
C’est difficile à faire de manière invisible. Ne le faites pas sans l’accord de la régie et signalez ces trous lors de l’état des lieux.
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